Houseparty : Pourquoi lappli star de ce confinement est un (très) dangereux aspirateur à données – Paris Match Belgique

Société

Le chat vidéo qui cartonne se révèle être bien plus nocif qu’il n’y paraît.

Elle est devenue l’application qu’il faut absolument télécharger pour palier la solitude pendant le confinement. Houseparty, encore largement inconnue du grand public il y a deux semaines, est devenue en un rien de temps l’outil le plus en vogue sur nos smartphones.

Lire aussi > 5 chaînes YouTube pour rester en forme durant la période de confinement

La raison est à aller chercher du côté de son aspect facile et ludique : ce réseau social d’un genre nouveau permet à ses utilisateurs de créer des maisons virtuelles où discuter, jouer en ligne et trinquer entre amis par chat vidéo – dans la limite de huit participants – n’a jamais été aussi simple.

Attention aux Terms & conditons

Lancée en 2016 et rachetée par le propriétaire de Fortnite en 2019, Houseparty connaît un succès fulgurant depuis la mise en oeuvre des mesures de confinement dans de nombreux pays du monde, où elle a séduit une large audience par son approche très ouverte de la messagerie en ligne.

Contrairement à des services comme Messenger ou WhatsApp, il suffit qu’un utilisateur ouvre l’application pour que ses contacts puissent accéder à son chat vidéo. Dans le même esprit, les amis d’amis peuvent rejoindre les conversations lancées par leurs contacts sur la plateforme et discuter avec des utilisateurs ne faisant pas partie de leur carnet d’adresse. Et une notification est envoyée à chaque fois que des contacts se connectent ou créent une maison virtuelle. Bref, un outil très divertissant et facile à manier qui ravit à tous les confinés.

Mais voilà, comme toute bonne appli qui se respecte Houseparty vous demande d’accepter des termes et conditions, et d’accéder – évidemment – à vos données. Et c’est là que ça devient (très) problématique.

Comme le note L’Echo, l’application demande l’accès au répertoire téléphonique de ses utilisateurs, et collecte ainsi l’intégralité de leurs contacts. Le service peut dès lors faire une analyse précise des interactions sociales d’une personne, et donc savoir qui a le numéro de qui, et qui est en contact avec qui.

houseparty confinement données
© Houseparty.

Une mine d’or

Mais ce n’est pas tout. La collecte des données effectuée par Houseparty s’étend à bien plus que votre seul carnet de contacts. Votre adresse IP, le numéro IMEI de votre appareil, votre opérateur, votre nom, la localisation, votre genre ou encore votre galerie photo sont autant de data que vous laissez passer sous le giron de l’application. Pour résumé, Houseparty dispose de tout ce qu’il faut pour créer un profil très précis de qui vous êtes et comment vous vous comportez. Et peut dés lors vendre cette mine d’or au plus offrant.

Vous croyez que c’est fini ? Pas du tout. L’application se réserve aussi le droit de propriété sur les conversations réalisées en ligne et est même « libre d’utiliser le contenu de toutes les communications passées via ses services, dont toute idée, invention, concept ou techniques ». Les concepteurs de l’application ont aussi décrété que certaines données ne seraient pas personnelles, sans les définir.

Lire aussi > Marion Cotillard déculpabilise les parents à propos du temps d’écran de leurs enfants en confinement

Un conseil donc : n’utilisez pas Houseparty pour monter un business ou pour discuter boulot. On ira même plus loin : si vous voulez protéger un tant soit peu votre vie privée et celle de vos proches, supprimez l’appli tout de suite.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *